La chronique de ma collègue journaliste Émilie Dubreuil sur MSN ne manque pas de courage de la part d'une journaliste de Radio-Canada. Mais il fallait le dire et Émilie le fait avec brio en se demandant si nous ne sommes que six dans la Cité ? Elle se réfère à l'émission culturelle Six dans la cité qui met en scène des animateurs, chroniqueurs et journalistes de la même génération, les baby boomers, toujours les mêmes. Des personnes qui ont déjà de larges tribunes et que l'on entend beaucoup. Pourquoi ne pas diversifier ? Aller chercher plusieurs journalistes et animateurs de générations différentes ? Genre les 30 et 40 ans ?
Elle a tellement raison Émilie. Tellement. J'hésitais à l'écrire car je me sens concernée et je vais un peu prêcher pour ma paroisse. Puisque Émilie parle d'environnement et je couvre l'environnement. Sauf que chaque fois que je vois des vedettes, des politiciens, des responsables d'organismes environnementaux, des militants qui deviennent chroniqueurs, je me tais mais je grogne tellement intérieurement. Car soit ils ne connaissent pas grand chose à l'environnement, soit ils sont totalement biaisés et n'aborderont pas tous les sujets de la même manière qu'une journaliste-chroniqueuse.
Par ailleurs, un militant écologiste peut parler d'un projet mis en place par son organisme mais ne dira pas que d'autres organismes ont mis sur pied des projets semblables. Un exemple ? Le programme de l'Agriculture soutenue par la communauté appelé les paniers bios d'Équiterre. Mais ce n'est pas la seule manière de s'approvisionner. Il y a le Marché de solidarité régionale des Ami-E-s de la Terre de l'Estrie, des sites internet comme Le Jardin des Anges, Les Jardins Urbains, etc.
Je sais, je sais que je ne suis pas objective car je suis directement impliquée. Mais parlons d'un autre domaine qui n'est pas le mien. Critique de livres ou de cinéma. Il en existe plusieurs, des journalistes spécialisés dans le domaine. Pourquoi aller chercher des vedettes pour jouer le rôle du chroniqueur livres ou cinéma ? Est-ce que les journalistes s'improvisent chanteur, humoriste ou comédien?
Quant au fait qu’on entend toujours les mêmes personnes. C’est un euphémisme que de le dire. En écoutant la radio et la télévision, c’est un peu comme si le Québec manquait de penseurs, d’intervenants, d’acteurs, d’auteurs. etc. On remarque la même chose en regardant Tout le monde en parle quand un Stéphane Rousseau y revient pour la énième fois et crée un malaise par ses blagues et réflexions mal venues.
On accuse souvent les journalistes et les recherchistes de parler toujours aux mêmes personnes. Ils sont loin d’être les seuls coupables. Ils sont soumis à leurs conditions de travail, moins de temps, aller toujours plus vite. Ils sont aussi soumis à leurs patrons, aux patrons de leurs patrons, et au public. Avide de vedettes, de spectaculaire.
Pourtant des auteurs, des personnes qui s’échinent jour après jour à sauver le monde, des chercheurs, des professeurs, des écologistes, il y en a à la pelle. Il suffit de se donner la peine de les écouter quelques minutes pour se rendre compte qu’ils ont quelque chose à dire.
Un dernier exemple ? Émilie parle de Rose-Marie Charest que l’on entend à répétition. Pourtant chaque fois que j’appelle l’Ordre des psychologues, ils sont capables de me donner trois ou quatre noms de psychologues pour chaque sujet spécifique que je veux traiter. Je n’ai jamais appelé le même psychologue. Idem pour les universités qui regorgent de spécialistes ayant une analyse et des choses à dire hyper intéressantes.
Alors pourquoi on entend toujours les mêmes ?
Émilie parle des nombreux journalistes indépendants qui rament et tentent de percer le mur épais du vedettariat. Savez-vous où ils se cachent ? Ici dans le Répertoire des journalistes indépendants.